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Le quartier
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Histoire du 11e arrondissement |
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La naissance d'une tradition artisanale
Le futur arrondissement s'est édifié peu à peu autour de l'Abbaye de Saint Antoine Deschamps, érigée au tout début du XIIe siècle sur les marais alimentés par les ruisseaux qui descendaient des collines de Belleville et de Ménilmontant. Par différentes faveurs royales, les corps de métiers purent travailler librement sur le vaste domaine de la communauté religieuse ; en exemptant de la maîtrise des ouvriers qui y travaillaient, les religieuses provoquèrent aussi l'installation de nombreux travailleurs saisonniers, ce qui développa une tradition artisanale très riche (faïence, tapisserie, ébénisterie, textile) qui s'organisa en corporation.
Aujourd'hui, face aux évolutions du marché du meuble et à la spéculation immobilière, les métiers et les activités du faubourg Saint-Antoine subissent une véritable mutation. |
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Des « faux bourgs » aux « folies »
Dès le XVe siècle, un hameau apparaît autour du manoir que s'était fait construire Jean de Popincourt. Puis des villages, la Roquette, Charonne, quartiers bien connus aujourd'hui s'édifièrent et se rejoignirent pour former dès le XVIIe siècle des « faux bourgs ». Ces derniers fortement peuplés, sont incorporés à la ville lorsque Louis XIV décide de faire abattre l'enceinte médiévale. L'aspect encore champêtre du futur arrondissement attire les hôtels particuliers ou les maisons de plaisance bourgeoise appelée « folies », lieux de fêtes mondaines, dont le nom des rues de la Folie Méricourt ou de la Folie Régnault garde la trace. |
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Naissance du 11e arrondissement
Sous Napoléon III, le baron Haussmann remodèle totalement le visage de la capitale. Le canal Saint-Martin est recouvert par ce qui allait devenir le boulevard Jules ferry et le boulevard Richard Lenoir - future adresse du commissaire Maigret ! qui portent le nom des deux entrepreneurs à l'origine d'une florissante entreprise de filature et de tissage dans le 11e arrondissement. À la même époque, le boulevard Voltaire et l'avenue de la République sont tracés pour faciliter une circulation devenue dense et faciliter le tir de canon en cas d'insurrection. En 1859, Belleville et Charonne sont annexés à la capitale qui est divisée en 20 arrondissements. En 1872, le 11e arrondissement est le plus peuplé de Paris avec plus de 100 000 habitants, mais à la fin du siècle, un rapide processus de dépeuplement s'amorce. |
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Une tradition révolutionnaire
Le peuple de ces quartiers entre vraiment dans l'histoire en 1789. En avril, un riche manufacturier du nom de Réveillon propose d'instituer une nouvelle taxe qui aurait eu pour effet une baisse sensible des salaires, très bas, des ouvriers et des petites gens déjà victimes de la misère et de la famine. Le 28 avril, ils se portent en masse rue de Montreuil, vers les établissements Réveillon qu'ils mettent à sac.
La répression est impitoyable. La révolution a commencé : moins de trois mois plus tard, le 14 juillet, la prison de la Bastille, sur la place où s'élève aujourd'hui la Colonne de Juillet, est prise d'assaut. C'est la fin de la monarchie absolue. En 1792, le peuple des faubourgs est au premier rang des sans-culottes qui s'emparent de la famille royale aux Tuileries. En 1830 et 1848, il retrouve ses vivaces traditions révolutionnaires ; en 1870, il rejoint les rangs de la commune de Paris qui ne durera que « le temps des cerises ». En 1936 lors du Front populaire, comme pendant l'occupation, le peuple du 11e retrouve son ardeur combative : de grandes figures de la résistance telle que Marcel Rajman, Jean-Pierre Timbaud, Maurice Gardette, Léon Frot payent de leur vie leur lutte contre l'occupant nazi, pour la libération de la France. Le 11e conserve aussi les stigmates de rafles antijuives organisées par l'État de Vichy qui livrera enfants, femmes et hommes aux nazis et les déportera dans les camps de la mort.
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Des quartiers branchés
Dès le XVIIIe siècle des artistes ouvrent des salles de spectacles boulevard du Temple et les drames que l'on y joue sont parfois si sanglants qu'on l'appelle par dérision « boulevard du crime » ! Avec le cirque Olympien, le Petit Lazzari, le cirque divers, le Bataclan, le Balajo, les bals, les concerts, les spectacles foisonnent dans notre arrondissement. Aujourd'hui avec l'Opéra-Bastille, les nombreux théâtres et manifestations artistiques perdurent cette tradition tandis que le rue Oberkampf, bat un nouveau cœur de la vie nocturne parisienne.
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